© photo Jean Marie Liot

Source: Team Safran / Olivia Maincent

Photo Jean Marie Liot

Du haut de ses 33 ans, Capucine Cadiou a tenu les rênes de la construction du nouveau Safran chez CDK. Après six ans d’études d’ingénieur en mécanique et matériaux composites puis un master à l’école d’architecture navale de Nantes, un premier emploi au cabinet d’architectes VPLP, elle réalise enfin son rêve : participer à la construction d’une bête de course. Interview.

Quel est ton parcours ?
Je suis née à Saint-Malo. Mon père avait un Requin, c’est avec lui que j’ai découvert la mer et les bateaux. Même si j’ai pratiqué la voile de compétition tardivement, j’ai toujours su que mon métier aurait à faire avec les bateaux. J’ai donc choisi de faire des études d’ingénieur en mécanique et matériaux à Paris, ensuite je suis allée à Lausanne me spécialiser dans les matériaux composites, et j’ai terminé par un master à l’école d’architecture navale de Nantes (DPEA). Bref, six ans d’études…
Comment devient-on chargée de projet pour la construction d’un Imoca de dernière génération ?
J’ai fini mes études en 2007 et j’ai rapidement intégré le cabinet VPLP, à Vannes. Je faisais les mises en plan pour les chantiers. J’ai commencé avec les flotteurs d’Oracle pour la Coupe de l’America, puis ceux de Groupama, le plan de l’Imoca Virbac-Paprec en Nouvelle Zélande… C’est comme ça que j’ai appris mon métier.
Après VPLP, j’avais envie de passer à la vitesse supérieure, de gérer des projets, d’être plus autonome. Je sentais aussi, au contact des chantiers, que je manquais d’expérience pratique… Il fallait que je mette les mains dans la colle, donc j’ai travaillé trois mois chez CDK à Lorient, sur l’assemblage des MOD. Puis je me suis mise à mon compte avant de rejoindre le projet Safran chez CDK, en février 2014.

Pour Safran, quel a été ton rôle précisément ?
Concrètement, je reçois les plans des architectes, et je fais des gammes de fabrication. Ce sont des plans de fabrication qui indiquent quel tissu utiliser et où il doit être positionné. C’est une fiche de travail très précise qui sert aussi pour la traçabilité. Comme c’est moi qui donne les informations à l’atelier, je vérifie qu’elles sont bien reprises et bien appliquées. C’est la première fois que je suis la construction d’un bateau de A à Z, mais je ne suis pas toute seule, Michel Olivier, le responsable du chantier, m’accompagne. Il y a eu des phases difficiles mais aussi beaucoup de plaisir et des moments forts, comme l’assemblage du pont et de la coque ou la mise à l’eau. Là, c’est un peu mon bébé qui s’en va…